Vendredi 6 septembre 2024, lors d’une causerie-débat organisée à Cotonou sur le bilan du régime de Patrice Talon, Wilfried Léandre Houngbédji, porte-parole du gouvernement béninois, a enfin réagi sur l’affaire Steve Amoussou, un dossier qui continue de secouer le Bénin. Soupçonné d’être l’activiste Frère Hounvi, Steve Amoussou a été enlevé au Togo avant d’être transféré au Bénin, où il est actuellement détenu. Le porte-parole du gouvernement a toutefois tenu à dissocier l’exécutif de cette affaire.
Les évolutions de l’affaire Steve Amoussou
L’affaire Steve Amoussou, également connu sous le pseudonyme de Frère Hounvi, un activiste critique du régime du président Patrice Talon, continue de faire couler beaucoup d’encre. Enlevé à Lomé, au Togo, dans la nuit du 11 au 12 août 2024 par un commando non identifié, Steve Amoussou a été transféré au Bénin où il a été présenté à la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET). Placé en garde à vue, il est poursuivi pour des accusations allant du harcèlement par voie électronique à l’incitation directe à la rébellion, en passant par la publication de fausses nouvelles via les réseaux sociaux.
Avant même que Steve Amoussou ne soit jugé, deux des membres présumés du commando ayant participé à son enlèvement ont été jugés et condamnés. Jimmy Gandaho et Géraud Gbaguidi, reconnus comme faisant partie du groupe qui a kidnappé Amoussou au Togo, ont écopé de 24 mois de prison chacun. Toutefois, ce jugement n’a pas mis fin aux zones d’ombre entourant cette affaire, notamment la manière dont l’enlèvement a été réalisé et les implications politiques potentielles.
Une réaction mesurée du gouvernement
Interrogé lors d’une rencontre publique, Wilfried Léandre Houngbédji, porte-parole du gouvernement, a insisté sur le fait que cette affaire ne concernait pas directement l’exécutif béninois. « Ce n’est pas une affaire du gouvernement. Ce n’est pas le gouvernement qui l’a interpellé. Je laisse la justice faire son travail comme elle a commencé à le faire », a déclaré Houngbédji. Ces propos marquent la première déclaration publique d’un membre du gouvernement sur cette affaire sensible, tout en dégageant l’exécutif de toute implication directe dans l’enlèvement ou la détention d’Amoussou.
L’enlèvement de Steve Amoussou sur le sol togolais a également suscité une vive réaction de la part des autorités judiciaires togolaises. Deux individus soupçonnés d’avoir participé à cet enlèvement ont été arrêtés et placés sous mandat de dépôt au Togo, tandis que des mandats d’arrêt ont été émis contre quatre autres Béninois, tous membres présumés du commando. La justice togolaise a dénoncé une violation flagrante du droit international, ainsi que des règles en matière de coopération pénale entre les États. Cette violation met en lumière des tensions latentes entre Lomé et Cotonou, exacerbées par cette affaire qui risque de fragiliser encore davantage les relations entre les deux pays. Steve Amoussou reste en détention, en attendant son procès prévu pour le 7 octobre 2024.
