La réforme du RHDP entre dans une nouvelle phase sous l’impulsion d’Alassane Ouattara. Après les structures locales et la création de nouvelles instances, le parti présidentiel s’attaque désormais à son sommet, avec la perspective d’un directoire et d’un secrétariat exécutif beaucoup plus resserrés.
Le RHDP poursuit une restructuration engagée depuis plusieurs mois
Le chantier n’a pas commencé en septembre. Lors de sa 33e réunion, le 13 mai, le Directoire avait déjà acté une redéfinition des missions des principales instances centrales après le congrès de juin 2025. Quatre nouveaux organes avaient notamment été créés, dont un Conseil des sages et de médiation et un Conseil de discipline.
Alassane Ouattara a ensuite franchi une nouvelle étape durant l’été. Une instance dirigeante plus restreinte a été constituée autour de Gilbert Koné Kafana, président du Directoire, et de Téné Birahima Ouattara. Cette structure d’une vingtaine de membres doit permettre une coordination plus resserrée du parti.
Le changement tranche avec l’organisation actuelle. Le site officiel du RHDP recense encore 58 membres au Directoire, 110 au Secrétariat exécutif, 22 au Présidium et 150 au Conseil politique.
La logique suivie apparaît donc claire. Le parti veut réduire le nombre d’intervenants dans la prise de décision et clarifier les responsabilités entre ses différentes structures.
Kafana et Bacongo au centre de la réforme du RHDP
Deux hommes occupent une position centrale dans cette transformation. Gilbert Koné Kafana dirige le Directoire et supervise depuis plusieurs années la restructuration du parti. Ibrahim Cissé Bacongo, secrétaire exécutif, pilote pour sa part une grande partie du travail organisationnel.
Les propositions de réforme ont notamment été préparées par une équipe d’experts conduite par Cissé Bacongo. Toutes n’ont pas été retenues. La nouvelle organisation qui se dessine résulte donc de plusieurs arbitrages réalisés autour du président du parti.
Cette réorganisation pourrait modifier profondément la composition des instances actuelles. Le principe d’un appareil plus compact implique mécaniquement que toutes les personnalités qui siègent aujourd’hui au Directoire ou au Secrétariat exécutif ne conserveront pas nécessairement leurs fonctions.
À ce stade, aucune liste officielle complète des futurs sortants n’a toutefois été publiée. Il convient donc de distinguer la restructuration déjà engagée des arbitrages individuels qui restent à confirmer.
Les premiers changements touchent déjà les responsables locaux
Le renouvellement n’est plus seulement théorique. Le 7 septembre, Cissé Bacongo a signé la nomination de 38 nouveaux secrétaires départementaux répartis dans 23 régions politiques.
Ces nominations remplacent des responsables décédés, indisponibles, jugés insuffisamment performants ou sanctionnés pour des problèmes de discipline. Le parti avait identifié dès le printemps plusieurs dizaines de postes à pourvoir.
À Bondoukou-Laoudi-Ba, l’ancien secrétaire d’État Siaka Ouattara a par exemple perdu son secrétariat départemental au profit de Kouman Ouattara Abou.
Le mouvement montre qu’Alassane Ouattara ne souhaite pas seulement modifier l’organigramme national. La restructuration concerne également le maillage territorial et les responsables chargés de faire fonctionner le RHDP sur le terrain.
Une équipe dirigeante plus resserrée autour du président
La création d’un comité de direction d’une vingtaine de membres constitue probablement le changement le plus significatif. Il pourrait devenir un centre opérationnel majeur dans un parti où plusieurs instances se chevauchent actuellement.
Selon les informations publiées en août, cette structure comprendrait notamment Gilbert Koné Kafana, Téné Birahima Ouattara, Kandia Camara et Patrick Achi. Anne Désirée Ouloto, Mamadou Touré, Amadou Koné, Siandou Fofana ou encore Amédé Kouakou figureraient également dans le dispositif.
Certaines figures majeures n’apparaissaient en revanche pas dans les premières informations disponibles. Cette absence ne signifie pas nécessairement leur mise à l’écart définitive, puisque le parti dispose de plusieurs organes aux fonctions différentes.
Kobenan Kouassi Adjoumani a par exemple été nommé à la tête du nouveau Conseil des sages et de médiation. Ce déplacement illustre une autre dimension de la réforme, qui consiste à redistribuer les responsabilités plutôt qu’à simplement supprimer des postes.
Alassane Ouattara prépare aussi l’avenir du parti
Cette réforme du RHDP intervient après la présidentielle de 2025 et alors que le parti commence déjà à organiser les prochaines échéances politiques. La transmission générationnelle figure officiellement parmi ses priorités. En mai, le Directoire demandait ainsi au secrétariat exécutif de soutenir davantage les initiatives des jeunes cadres.
Le RHDP cherche parallèlement à consolider son fichier militant. Au printemps, sa plateforme E-militants comptabilisait près de 1,3 million d’adhérents enregistrés, soit environ 64 % de l’objectif fixé par le parti.
Alassane Ouattara semble ainsi poursuivre deux objectifs complémentaires. Le premier consiste à rendre la direction moins lourde et plus opérationnelle. Le second vise à préparer progressivement le renouvellement des cadres tout en maintenant la cohésion entre les différentes générations du parti.
Le véritable tournant arrivera avec la composition définitive du nouveau Directoire et du Secrétariat exécutif. C’est à ce moment que l’ampleur du renouvellement voulu par le président ivoirien pourra réellement être mesurée.
