Alors que la Côte d’Ivoire ambitionne de transformer l’intégralité de sa production nationale de cacao d’ici 2030, les fuites massives vers les pays voisins, notamment le Liberia, fragilisent cette stratégie. Face à l’ampleur du commerce illicite, l’autorité préfectorale de Zouan-Hounien, Moussa Dao, a lancé une campagne de sensibilisation pour endiguer le phénomène.
Une sensibilisation de proximité face à une fuite préoccupante
Le préfet Moussa Dao a récemment conduit une mission de terrain dans plusieurs localités proches de la frontière, notamment Trogléu 1 et Gbouagleu, dans la sous-préfecture de Banneu. L’objectif : alerter les populations sur les conséquences désastreuses du commerce illégal de cacao vers les pays voisins, un phénomène devenu récurrent.
Devant les habitants, l’autorité préfectorale n’a pas mâché ses mots. « Vous quittez votre pays pour vendre du cacao à des étrangers qui s’enrichissent pendant que notre nation s’appauvrit », a-t-il déclaré. Pour Dao, cette pratique constitue une véritable menace économique pour le pays, dont une part importante du PIB repose sur cette filière stratégique. L’enrichissement des acheteurs extérieurs s’opère au détriment des efforts de développement et de lutte contre la vie chère en Côte d’Ivoire.
L’État mise sur la transformation locale, pas sur les fuites
Dans le même temps, l’État ivoirien accélère ses investissements pour renforcer la chaîne de valeur du cacao. Une nouvelle usine de transformation, d’une capacité de 50 000 tonnes extensible à 100 000 tonnes par an, a récemment été inaugurée. Avec désormais 15 unités industrielles sur le territoire, le pays entend transformer 100 % de sa production locale d’ici 2030. Mais cette ambition ne pourra se concrétiser que si la matière première reste sur le sol ivoirien.
Moussa Dao a ainsi appelé à une responsabilité collective. « Vendre clandestinement notre cacao, c’est trahir notre pays », a-t-il martelé, avant de rappeler que des sanctions administratives strictes seront appliquées en cas de récidive. Cette volonté d’encadrement vise à accompagner la politique nationale de valorisation du cacao, pilier majeur de la croissance ivoirienne.
La lutte contre la fuite illicite du cacao s’intensifie en Côte d’Ivoire. Entre fermeté des autorités et sensibilisation des communautés locales, le pays joue une partie décisive pour préserver sa souveraineté économique. Le message du préfet est clair : trahir le cacao, c’est trahir la nation.
