Que deviennent les Centrafricains avec Wagner ? En République centrafricaine, une boisson fait de plus en plus parler d’elle : Africa ti l’Or. Présentée comme une bière nationale révolutionnaire, cette boisson est massivement distribuée dans les quartiers populaires de Bangui. Pourtant, derrière cette apparente success-story se cache un cocktail potentiellement dangereux. Selon une enquête de Corbeaunews Centrafrique, cette boisson ne serait pas une véritable bière, mais un mélange d’alcool frelaté, d’eau de qualité douteuse et de tramadol, un puissant opioïde détourné de son usage médical.
Comment Wagner impose son emprise sur la Centrafrique, une bouteille à la fois
Loin d’être un simple produit commercial, Africa ti l’Or est liée au groupe paramilitaire de la Russie, Wagner, déjà bien implanté en Centrafrique. Officiellement, Wagner joue un rôle militaire et sécuritaire dans le pays, mais son influence s’étend désormais au secteur économique, notamment avec cette nouvelle boisson qui pourrait avoir des effets catastrophiques sur la santé publique.
Contrairement aux brasseries traditionnelles qui suivent des normes strictes, Africa ti l’Or ne bénéficie d’aucun contrôle sanitaire officiel, selon Corbeaunews Centrafrique. Des analyses indépendantes ont révélé la présence d’ingrédients douteux, et plusieurs consommateurs ont signalé des effets secondaires inhabituels après l’avoir consommée. Maux de tête persistants, fatigue intense et troubles neurologiques ont été rapportés par de nombreux témoins.
Pire encore, cette boisson serait distribuée à très bas prix, entre 800 et 1 000 FCFA, afin de rendre son accès facile aux populations les plus vulnérables. Une stratégie bien rodée qui rappelle les méthodes d’autres entreprises cherchant à monopoliser un marché en détruisant la concurrence locale. Les producteurs de bière traditionnels, comme la brasserie Mocaf, propriété du groupe Castel, subissent déjà la pression de cette nouvelle concurrence opaque.
Wagner derrière un empire économique tentaculaire ?
L’implantation du groupe Wagner en Centrafrique ne se limite plus au domaine militaire. Depuis leur arrivée en 2018, ces mercenaires ont progressivement élargi leur influence en s’emparant des mines d’or et de diamants du pays. Avec Africa ti l’Or, ils semblent désormais vouloir contrôler un autre secteur stratégique : celui des boissons alcoolisées. Le but est clair : évincer les acteurs historiques et s’assurer un monopole économique. La corruption et l’intimidation jouent un rôle clé dans cette expansion.
