La tension diplomatique entre le Bénin et le Niger continue de s’intensifier suite à l’arrestation de cinq ressortissants nigériens sur le site du projet pipeline à Sèmè-Kpodji. Après une audition ce jeudi 13 juin 2024, trois des cinq interpellés ont été placés sous mandat de dépôt par le procureur spécial de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme.
Détails de l’audition et accusations portées
Les cinq Nigériens arrêtés le 5 juin dernier sur le terminal de Sèmè-Kpodji ont été présentés au procureur spécial pour une audition approfondie. Parmi eux, la directrice adjointe de WAPCO Niger et deux autres personnes accusées d’avoir utilisé de faux badges pour s’introduire sur le site. Après plusieurs heures d’interrogatoire, il a été décidé que ces trois individus seraient placés sous mandat de dépôt en attendant leur audience prévue pour le lundi suivant.
Selon les autorités béninoises, ces individus se seraient introduits de manière frauduleuse sur le site de chargement du brut nigérien, une accusation grave qui justifie la sévérité de la réaction judiciaire. L’utilisation de faux badges est particulièrement préoccupante car elle soulève des questions de sécurité et de légalité autour des opérations sur ce site stratégique.
Implications diplomatiques et économiques
Cette affaire a des répercussions profondes non seulement sur le plan judiciaire mais également diplomatique. Le projet pipeline est un élément crucial pour les relations économiques entre le Bénin et le Niger, et de tels incidents risquent de mettre en péril les progrès réalisés jusqu’à présent. La détention de la directrice adjointe de WAPCO Niger, une figure clé dans ce projet, pourrait également entraîner des tensions au sein des opérations de l’entreprise et perturber le flux de pétrole entre les deux pays. La réponse judiciaire béninoise, bien que justifiée par les circonstances, pourrait être perçue par le Niger comme une mesure disproportionnée, exacerbant ainsi les tensions.
