Le monde de la littérature et de la musique est en deuil suite à la tragique disparition de l’écrivain sud-africain Mbongeni Ngema dans un accident de route. Il s’agit du célèbre pour sa comédie musicale « Sarafina », qui a marqué les esprits en abordant les émeutes étudiantes pendant l’apartheid à Soweto. Ngema, âgé de 68 ans, a perdu la vie dans un accident de voiture alors qu’il revenait d’assister à des funérailles dans la province du Cap oriental.
Un héritage musical immortel
Mbongeni Ngema a laissé une empreinte indélébile dans le monde de la musique avec sa comédie musicale emblématique « Sarafina ». Créée en 1987, cette œuvre artistique, développée en collaboration avec le légendaire musicien de jazz Hugh Masekela, explore les émotions et les défis des étudiants sud-africains confrontés à l’oppression pendant l’apartheid. La pièce a connu un succès retentissant, ayant même une version scénique à Broadway à New York pendant deux ans. Le film de 1992, portant le même nom, a également contribué à élever la renommée de Ngema à l’échelle internationale.
Le décès de Mbongeni Ngema survient au moment où le film « Sarafina » connaît un regain d’intérêt, projeté dans la section classique du festival de Cannes cette année et disponible en streaming. Cette résurgence souligne la pérennité de son œuvre et la manière dont elle continue d’inspirer et d’influencer les générations actuelles.
Un artiste multidisciplinaire
Ngema ne se limitait pas à la création de « Sarafina ». Il était également un artiste multidisciplinaire, impliqué dans le monde du théâtre, de la danse, de la composition et du chant. Il a co-écrit la pièce satirique « Woza Albert » en 1981, abordant les réalités de la vie des Noirs sous l’oppression blanche en Afrique du Sud. La pièce a parcouru l’Europe et l’Amérique du Nord, éclairant le monde sur les injustices de l’apartheid.
La famille de Ngema souligne que ses œuvres « reflétaient l’esprit de résistance » pendant les périodes difficiles de l’apartheid et de la lutte pour la libération. Ses créations artistiques étaient un cri contre l’injustice, dépeignant les réalités du quotidien des Sud-Africains noirs tout en résistant au système oppressif.
