Bénin : Romuald Wadagni veut faire de la finance climat un moteur d’investissement

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Bénin : Romuald Wadagni veut faire de la finance climat un moteur d'investissement

Le Bénin entend changer d’échelle dans sa politique climatique. À travers une stratégie présentée à la COP29 de Bakou, le ministre de l’Économie et des Finances, Romuald Wadagni, propose une feuille de route qui dépasse l’horizon des engagements climatiques actuels pour inscrire le pays dans une trajectoire de développement résilient jusqu’en 2035. L’objectif affiché ne se limite pas à la réduction des émissions, mais consiste aussi à attirer davantage de capitaux vers des projets structurants.

Une stratégie qui mise sur les investisseurs

Au cœur du dispositif figure une plateforme nationale de financement climatique conçue comme un point d’entrée unique pour les bailleurs de fonds et les investisseurs privés. Le gouvernement souhaite y regrouper les projets liés à l’énergie, à l’agriculture, aux infrastructures et à la protection des écosystèmes afin de faciliter leur financement.

Cette architecture repose sur plusieurs instruments destinés à sécuriser les investissements, notamment des garanties de crédit, une matrice de réformes et des mécanismes de valorisation du carbone. L’ambition est de transformer les engagements climatiques du pays en projets suffisamment solides pour mobiliser des financements internationaux.

Les besoins restent considérables. Les autorités rappellent que la mise en œuvre des Contributions déterminées au niveau national (CDN) à l’horizon 2030 nécessite déjà près de 10 milliards de dollars. La nouvelle feuille de route prolonge cette dynamique jusqu’en 2035, avec l’objectif d’accompagner la transformation économique tout en renforçant la résilience face aux effets du changement climatique.

La crédibilité financière au cœur de la transition

Cette stratégie s’appuie sur des mécanismes déjà en place. Entre 2009 et 2020, le Bénin a mobilisé environ 1,9 milliard de dollars de financements climatiques, principalement sous forme de ressources concessionnelles. Plusieurs partenaires internationaux accompagnent également cette trajectoire.

La Banque mondiale a récemment approuvé un financement de 635,5 millions d’euros destiné à soutenir la croissance du secteur privé et la résilience climatique, tandis que le Fonds monétaire international a accordé en 2023 une Facilité pour la résilience et la durabilité d’environ 200 millions de dollars afin d’appuyer les réformes liées au climat.

Les autorités cherchent également à renforcer les outils nationaux, notamment à travers le Fonds national pour l’Environnement et le Climat, chargé de financer les projets locaux d’adaptation et de protection de l’environnement.

Au-delà des annonces, la réussite de cette stratégie dépendra de la capacité du Bénin à convertir ces orientations en investissements effectifs. Les prochaines évaluations du FMI, ainsi que les futurs rendez-vous internationaux consacrés au climat, serviront de test pour mesurer l’attractivité du modèle présenté par Cotonou et sa capacité à transformer les ambitions climatiques en réalisations concrètes.