Afrique : un super El Niño pourrait provoquer des pertes de 20 milliards de dollars

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Afrique : un super El Niño pourrait provoquer des pertes de 20 milliards de dollars

L’Afrique pourrait faire face à l’un des épisodes d’El Niño les plus intenses jamais observés si le réchauffement actuel de l’océan Pacifique se poursuit. Les spécialistes alertent sur des conséquences qui iraient bien au-delà des phénomènes météorologiques extrêmes, avec un impact attendu sur les finances publiques, les infrastructures et la stabilité économique de plusieurs pays.

Des risques climatiques aux répercussions économiques majeures

Selon les prévisionnistes, un super El Niño pourrait accentuer les épisodes de sécheresse, d’inondations et de tempêtes déjà observés sur le continent. Ces événements menacent directement la sécurité alimentaire et l’accès aux ressources en eau, tout en fragilisant des économies fortement dépendantes de l’agriculture.

Interrogé par Reuters, Anthony Nyona, directeur chargé du changement climatique et de la croissance verte à la Banque africaine de développement, estime que les pertes économiques pourraient atteindre entre 10 et 20 milliards de dollars dans les pays les plus touchés.

Au-delà des dégâts matériels, ces catastrophes risquent d’alourdir la pression sur les budgets publics. Des infrastructures endommagées et des besoins accrus en financement pourraient placer certains États en difficulté pour honorer leurs engagements financiers.

Sécheresse, déplacements de population et reconstruction

Les conséquences d’un épisode climatique de cette ampleur ne se limiteraient pas aux pertes économiques. Les experts évoquent également un risque de déplacements massifs de population depuis les régions les plus affectées.

Dans le Sahel, où plusieurs pays subissent déjà des conditions de sécheresse persistantes depuis plusieurs années, un renforcement du phénomène pourrait accentuer les difficultés agricoles et humanitaires.

Les spécialistes rappellent également l’exemple du Mozambique, frappé par le cyclone Idai en 2019, dont les effets se sont fait sentir durant plusieurs années. Cette expérience illustre le temps nécessaire à la reconstruction après des catastrophes climatiques majeures et souligne les défis auxquels pourraient être confrontés les pays africains en cas d’intensification d’El Niño.

Face à ces perspectives, les institutions financières et les autorités publiques sont appelées à renforcer les dispositifs d’anticipation et de résilience afin de limiter les impacts économiques et sociaux d’un éventuel super El Niño.