L’influenceur camerounais Fuchor traverse l’une des périodes les plus éprouvantes de sa carrière. Depuis le dimanche 23 novembre 2025, il est privé de liberté dans le cadre d’un litige vieux de plusieurs années. Son interpellation, jugée brutale et irrégulière par ses proches, suscite une vague d’indignation sur les réseaux sociaux.
Une affaire de drone qui dégénère
L’origine du conflit au Cameroun remonte à plus de quatre ans. À l’époque, Fuchor avait prêté — ou donné, selon certaines versions — un drone au vidéaste Corporate Esimo pour soutenir ses projets. Le matériel n’a jamais été restitué, malgré plusieurs relances publiques. Pour Fuchor, il s’agissait simplement d’obtenir réparation. Pour Esimo, ce geste s’est transformé en conflit ouvert.
Le vidéaste accuse aujourd’hui l’influenceur de « menace de mort » et de diffamation. Des accusations que l’entourage de Fuchor rejette fermement. Selon eux, il n’a jamais proféré la moindre menace, ni dans ses publications, ni dans ses échanges privés. Il se serait limité à raconter les faits tels qu’il les avait vécus. Cette affaire, longtemps virtuelle, a brutalement basculé dans le réel.
Une interpellation jugée irrégulière
Le dimanche 23 novembre, à 15 h, plusieurs hommes en civil se présentent à Fuchor City, à Buea. Ils brandissent une convocation rédigée en français, liée à la plainte déposée dans la région du Littoral. Fuchor, coopératif, monte volontairement dans le véhicule qui l’emmène à la Légion du Sud-Ouest. Sur place, il attend plus de deux heures sans audition.
La première entrevue a finalement lieu le lundi 24 novembre. Les gendarmes de Buea ne relèvent aucun délit et le ton reste calme. L’influenceur dort même dans une chambre individuelle et reçoit la visite de ses avocats, militants des droits humains et partisans. Pourtant, à 22 h 20, les autorités ordonnent son transfert vers Douala, au prétexte que la plainte y a été déposée. À son arrivée dans la nuit, il est envoyé à la Légion du Littoral, puis redirigé vers la brigade de gendarmerie d’Akwa à 00 h 19. Au matin du mardi 25 novembre, il est toujours détenu dans une cellule exiguë et surpeuplée. Il a passé la nuit assis, sans pouvoir s’allonger, dans une chaleur suffocante. Et malgré ce transfert forcé, aucune audition n’a encore eu lieu.
