La mort de l’activiste burkinabè Alino Faso en détention en Côte d’Ivoire, suscite une vive onde de choc à travers l’Afrique de l’Ouest. Retrouvé pendu dans sa cellule à l’école de gendarmerie d’Abidjan, l’activiste burkinabè de 44 ans était incarcéré depuis janvier 2025. Le communiqué officiel parle de suicide, mais une partie de l’opinion publique, notamment au Burkina Faso, accuse les autorités ivoiriennes d’avoir « éliminé » un militant gênant.
Alino Faso activiste engagé
Alino Faso n’était pas un inconnu. Installé à Abidjan, il s’était bâti une solide réputation sur les réseaux sociaux avec plus de 400 000 abonnés sur Facebook. Cuisinier devenu influenceur, il multipliait les appels à l’action solidaire, à la mobilisation pour des causes sociales, mais aussi, depuis peu, pour des prises de position très affirmées en faveur de la junte militaire au pouvoir à Ouagadougou.
Cette orientation politique lui a valu une attention particulière des autorités ivoiriennes, surtout dans un contexte de tensions diplomatiques entre la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso. En janvier, il avait été interpellé sans que des charges officielles ne soient communiquées publiquement. Ce n’est qu’à l’annonce de sa mort que le procureur a révélé les accusations portées contre lui : intelligence avec une puissance étrangère, complot contre l’État et diffusion de fausses informations.
Une mort qui divise : suicide ou exécution ?
Selon le communiqué du procureur publié le 27 juillet, Alino Faso s’est suicidé en se pendant avec un drap après une première tentative ratée de se trancher les veines. Le médecin légiste confirme la thèse du suicide. Pourtant, cette version ne convainc pas tout le monde. De nombreux Burkinabè crient à l’assassinat politique, accusant le régime d’Alassane Ouattara d’avoir fait taire un militant trop proche de Ouagadougou.
Sur les réseaux sociaux, la colère gronde. Des hashtags réclamant « Justice pour Alino Faso » se multiplient. Des personnalités comme A’Salfo et Eudoxie Yao ont exprimé leur tristesse. Les rumeurs, alimentées par le silence prolongé qui a entouré son incarcération et le flou autour de ses conditions de détention, renforcent le climat de suspicion. Pour ses partisans, le suicide ne colle pas avec le tempérament combatif de l’homme qu’ils suivaient.
