Un jeune conducteur de taxi-moto, communément appelé zémidjan, s’est retrouvé devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) le lundi 26 mai 2025. Il est accusé d’avoir collaboré avec des groupes armés terroristes en les approvisionnant en carburant et en transportant des armes. Devant le juge, le prévenu nie toute appartenance à une organisation terroriste, tout en reconnaissant les faits qui lui sont reprochés.
Un approvisionnement en carburant qui vire au soutien logistique
Lors de son audition à la barre, le jeune homme, originaire de Kalalé, a reconnu avoir ravitaillé à plusieurs reprises des individus armés en carburant. Selon ses déclarations, il ignorait au départ la véritable identité de ces clients particuliers. Il n’aurait compris leur affiliation à un groupe terroriste que bien plus tard, en les voyant porter des armes de guerre.
Malgré cette révélation, il a poursuivi ses services, motivé par les gains financiers. Le prévenu a admis avoir continué ses allers-retours en zone sensible, transportant des bidons de carburant de 25 litres à destination de groupes armés opérant dans la région. Une collaboration qu’il justifie par la précarité de sa situation, tout en niant toute implication idéologique.
Des armes dissimulées, une ignorance affichée
Plus grave encore, le conducteur de zémidjan a avoué avoir transporté des armes et des munitions pour ces groupes. Les armes étaient soigneusement dissimulées dans des bidons, afin d’échapper à la vigilance des forces de sécurité. Il affirme avoir été payé pour ses services, mais dit ne pas savoir où se situe la base opérationnelle de ses commanditaires.
Le parquet, estimant que les faits sont d’ordre criminel, a demandé à la Cour de se déclarer incompétente, ouvrant ainsi la voie à un renvoi devant une juridiction compétente pour juger les crimes de terrorisme. Le verdict est attendu le 2 juin 2025.
