Le Gabon est actuellement secoué par une affaire mêlant liberté d’expression et gestion des infrastructures publiques. L’influenceur gabonais Fanuel Ikapi Mamboundou, connu sous le pseudonyme de Novelas Overmax, a été arrêté et incarcéré après avoir dénoncé les conséquences d’une coupure d’électricité à l’hôpital général de Libreville. Cette situation a déclenché une vague d’indignation tant au sein de la population que sur les réseaux sociaux.
Une dénonciation qui mène à l’incarcération
Le dimanche 2 février 2025, une panne d’électricité a plongé l’hôpital général de Libreville dans l’obscurité. Novelas Overmax a diffusé une vidéo sur les réseaux sociaux montrant les urgences de l’établissement sans électricité, s’inquiétant notamment pour les patients sous assistance respiratoire. Il a affirmé que l’hôpital ne disposait pas de groupes électrogènes opérationnels, mettant ainsi en danger la vie des patients. En réaction, la direction de l’hôpital a déposé une plainte contre lui, l’accusant de diffuser de fausses informations susceptibles de semer la panique au sein de la population. Le mercredi 5 février, Novelas Overmax a été placé sous mandat de dépôt et conduit à la prison centrale de Libreville.
Réactions et débats sur la liberté d’expression
L’arrestation de Novelas Overmax a provoqué une onde de choc au Gabon. De nombreux citoyens, activistes et observateurs estiment que cette mesure est disproportionnée et constitue une atteinte à la liberté d’expression. Ferel, animateur de l’émission « 24 Nuances de Slam » sur Gabon 24, a déclaré : « Un groupe qui ne fait pas son travail est présent de par son absence », soulignant ainsi les dysfonctionnements au sein de l’hôpital. Farel Mba Ndong, influenceur web, a également critiqué la réaction des autorités, affirmant que « la justice doit arrêter d’être aux ordres » et rappelant que Novelas Overmax n’a fait que relater une situation réelle.
Cette affaire relance le débat sur la gestion des infrastructures publiques au Gabon, notamment les fréquentes coupures d’électricité qui affectent le pays. Elle interroge également sur la place de la liberté d’expression dans une société démocratique et sur la capacité des institutions à accepter la critique. Alors que la population exprime sa lassitude face aux délestages quotidiens, l’incarcération de Novelas Overmax est perçue par beaucoup comme une tentative de museler les voix dissidentes.
En réponse à la coupure d’électricité survenue le dimanche 2 février, le ministre de l’Énergie, Séraphin Akure-Davain, a présenté des excuses publiques et s’est rendu à l’hôpital général en compagnie du ministre de la Santé. Le chef de l’État a également annoncé des mesures d’urgence pour améliorer l’accès à l’électricité pour tous les Gabonais, reconnaissant la fragilité du système actuel.
