En Côte d’Ivoire, depuis le début du mois de décembre, une opération inédite, aux moyens considérables, sème l’appréhension parmi les conducteurs. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : des taux d’alcoolémie largement au-dessus des seuils autorisés ont été détectés, entraînant des sanctions immédiates. Mais cette fois-ci, les autorités ivoiriennes vont encore plus loin pour faire de la sécurité routière une priorité nationale.
Une campagne ciblée pour contrer l’alcool au volant
Chaque année, les routes ivoiriennes sont le théâtre d’accidents meurtriers, entraînant entre 1 000 et 1 500 décès selon le ministère des Transports. Face à ce fléau, les autorités multiplient les initiatives pour réduire le nombre de victimes, particulièrement en décembre, une période festive où les comportements à risque augmentent. En décembre, mois marqué par une recrudescence des accidents de la route, l’alcool au volant demeure un problème majeur. Pour y faire face, les autorités ivoiriennes ont lancé l’opération « Décembre contre l’alcool au volant ». Cette initiative s’appuie sur des contrôles d’alcoolémie renforcés menés par la police spéciale de la sécurité routière, qui applique la limite autorisée fixée à 0,80 g/l.
Depuis le début du mois, plusieurs conducteurs ont été pris en flagrant délit avec des taux dépassant largement la limite, atteignant jusqu’à 1,65 g/l. Les sanctions sont strictes : peines d’emprisonnement allant de deux mois à un an, amendes de 100 000 à un million de francs CFA, retrait de points sur le permis, voire suspension de celui-ci. Le commissaire Dambelé Vassiriki souligne l’importance de ces mesures pour dissuader les comportements dangereux et responsabiliser les conducteurs.
Des mesures globales pour atteindre des objectifs ambitieux
La lutte contre l’insécurité routière en Côte d’Ivoire ne se limite pas à des campagnes ponctuelles. Le pays s’est fixé un objectif ambitieux : réduire de moitié les accidents de la route d’ici 2025. Pour y parvenir, plusieurs mesures ont été mises en place, notamment l’instauration du permis à points, la limitation de l’importation de véhicules de plus de cinq ans et la généralisation de la vidéo verbalisation.
Ces dispositifs s’accompagnent d’une sensibilisation accrue pour encourager des comportements responsables. « Quand on a bu, on ne conduit pas. Quand on conduit, on ne boit pas », rappelle le commissaire divisionnaire Touré Abdoul Kader, directeur de la police spéciale de la sécurité routière. L’État veille à maintenir une vigilance constante pour faire diminuer les accidents et protéger les usagers.
