La Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) au Bénin continuerait à la lutte contre la corruption et les détournements de fonds publics. Lors de la rentrée solennelle de la juridiction spéciale, tenue ce 9 octobre 2024, le procureur spécial, Mario Mètonou, a fait un état des lieux.
Baisse significative des cas de détournements et de corruption
Les chiffres révélés par le procureur spécial de la CRIET témoignent d’une diminution progressive des cas de détournement de deniers publics. « Sur les trois dernières années, les procédures de détournement de deniers publics ont diminué progressivement, passant de 25 en 2022 à 05 en 2023 puis à 03 au 17 septembre 2024 », a précisé Mario Mètonou. Cette chute s’observe également dans les cas de corruption.
En effet, la cour a traité 13 affaires en 2023 contre 07 à la même date en 2024. Le procureur attribue ces résultats à la diligence et l’engagement des officiers de police des unités spécialisées telles que la Brigade économique et financière (BEF) et l’Office central de répression de la cybercriminalité et des infractions liées au développement (OCERTID), ainsi qu’à la détermination des magistrats de la CRIET. « Ils ont appris à détecter tous les mécanismes de blanchiment de capitaux et à contribuer à la répression efficace de l’infraction », a ajouté M. Mètonou.
Un cadre répressif dissuasif
La répression de la CRIET s’est avérée dissuasive, ce qui a contribué à réduire la prévalence des crimes économiques dans le pays. La juridiction spéciale a mis en place un cadre rigoureux permettant non seulement de juger les crimes financiers, mais aussi de sensibiliser les acteurs publics à l’importance de la transparence. Le travail de la CRIET n’est pas passé inaperçu à l’international. Selon Mario Mètonou, la baisse des affaires liées à la corruption et aux détournements de fonds a permis au Bénin de se hisser à la 70e place sur 180 pays dans le classement de Transparency International, relatif à l’indice de perception de la corruption. Ce classement, publié le 30 janvier 2024, montre une progression de deux rangs par rapport à l’année précédente.
En trois ans, le Bénin a grimpé de huit places, passant de la 78e à la 70e position. Ce résultat place le pays parmi les nations africaines les moins corrompues. « Le Bénin se hisse dans le top 10 des pays les moins corrompus en Afrique », a souligné Mario Mètonou, rappelant que le Bénin surpasse des pays voisins tels que le Togo (126e) et le Nigeria (145e).
