Le Niger fait face à des inondations dévastatrices causées par de fortes pluies depuis le mois de juin, entraînant un bilan tragique de 94 morts et 137 156 sinistrés à la date du 7 août 2024 selon la télévision nationale. Le gouvernement nigérien, par la voix de la ministre de l’Action humanitaire et de la gestion des catastrophes, Aïssa Lawan Wandarma, a exprimé sa vive inquiétude face à la situation. Alors que les huit régions du pays, y compris la capitale Niamey, sont désormais touchées, les autorités craignent une aggravation des conditions sanitaires, notamment en raison du risque de pénurie d’eau potable et de propagation de maladies.
Les inondations touchent toutes les régions du Niger
Les pluies diluviennes qui se sont abattues sur le Niger depuis juin 2024 ont provoqué des inondations d’une ampleur exceptionnelle, touchant toutes les régions du pays. À la date du 7 août, le gouvernement a déploré 94 décès, dont 44 par noyade et 50 causés par l’effondrement d’habitations, illustrant la violence des intempéries. Les sinistrés se comptent par dizaines de milliers, avec 137 156 personnes affectées et 93 blessés. La ministre de l’Action humanitaire et de la gestion des catastrophes, Aïssa Lawan Wandarma, a exprimé la profonde tristesse du gouvernement face à ce bilan humain dramatique.
Particulièrement inquiétante, la situation dans la capitale Niamey s’est détériorée ces derniers jours, alors qu’elle avait jusque-là été épargnée. Désormais, au moins quatre décès ont été enregistrés, avec plusieurs blessés, selon le ministère de l’Intérieur. Les régions de Maradi (centre-sud), Zinder (centre-est), et Tahoua (ouest) figurent également parmi les zones les plus gravement touchées. Face à l’ampleur de la catastrophe, les autorités peinent à répondre à l’urgence, tandis que la saison des pluies, qui s’étend jusqu’à septembre, est encore loin d’être terminée.
Les services de météorologie nationale prévoient d’ailleurs de fortes précipitations pour le mois d’août, le plus pluvieux au Niger, ce qui pourrait aggraver encore davantage la situation. Les inondations sont un phénomène récurrent dans ce pays sahélien, où la saison des pluies est souvent synonyme de destructions massives. En 2022, ces intempéries avaient déjà causé 195 décès et laissé 400 000 personnes sans abri, un triste rappel de la vulnérabilité du Niger face aux aléas climatiques.
Risque de pénurie d’eau potable et propagation de maladies
Au-delà des pertes humaines et des destructions matérielles, les inondations posent un grave problème sanitaire au Niger. La ministre Aïssa Lawan Wandarma a exprimé son inquiétude quant à une éventuelle pénurie d’eau potable dans les zones les plus touchées. L’accès à l’eau potable est déjà un défi majeur dans de nombreuses régions du Niger, et les inondations ont considérablement aggravé la situation. Les puits et les sources d’eau ont été contaminés par les eaux de crue, rendant l’eau impropre à la consommation et augmentant le risque de maladies hydriques.
En outre, la ministre a mis en garde contre la propagation de maladies telles que le paludisme, la bilharziose et le choléra, qui pourraient rapidement se transformer en épidémies dans les camps de sinistrés où les conditions de vie sont précaires. Le paludisme, endémique dans la région, trouve un terreau favorable à sa propagation avec la stagnation des eaux, tandis que la bilharziose, une maladie parasitaire, prolifère dans les zones inondées. Le choléra, quant à lui, est une menace constante dans les contextes d’inondations, en raison du manque d’accès à une eau potable saine et à des installations sanitaires adéquates.
