Le sujet délicat de l’enfant préféré demeure souvent tabou et inapproprié, malgré des statistiques alarmantes indiquant que 74 % des mères et 70 % des pères admettent avoir un enfant préféré. Cependant, la manière dont cette préférence se développe reste largement mal comprise. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, elle n’est pas nécessairement blessante, et n’a que peu à voir avec l’ordre de naissance des enfants. Cette question est souvent abordée dans le contexte des relations entre frères et sœurs, en particulier lors du décès des parents. Bien que les parents puissent nier avoir un enfant préféré, les enfants ont généralement le sentiment que l’un d’entre eux est plus aimé que les autres. De manière surprenante, cette perception des enfants s’avère souvent exacte, et l’enfant préféré peut même influencer la santé des parents.
Les préférences des parents
Selon les recherches menées par J. Jill Suitor, professeure de sociologie à l’Université Purdue de West Lafayette, dans l’Indiana, la grande majorité des mères et des pères sont prêts à admettre avoir un enfant préféré lorsque la question leur est posée directement. Ils reconnaissent qu’ils sont plus proches de cet enfant, préfèrent se confier à lui, s’occupent davantage de lui, entrent plus fréquemment en conflit avec lui, et sont plus fiers de ses réalisations. Cependant, il est essentiel de noter que la plupart du temps, les perceptions des enfants sur ce sujet sont erronées.
Les enfants, qu’ils soient encore jeunes ou devenus adultes, ont tendance à penser que leurs parents ont des préférences parmi eux. Cette perception erronée peut engendrer des conflits familiaux et affecter la santé psychologique des enfants. Les adultes en particulier réfléchissent beaucoup à cette question, ce qui peut influencer leurs relations avec leurs frères et sœurs et leur bien-être mental.
Les raisons des préférences parentales
Contrairement à ce que l’on pourrait croire, le choix de l’enfant préféré par les parents dépend davantage de leurs priorités et de leurs valeurs personnelles que de critères sociaux tels que la réussite académique ou financière. En réalité, les parents se sentent plus proches de l’enfant qui partage leurs valeurs et leurs centres d’intérêt. Parfois, ils peuvent même se sentir plus connectés à un enfant ayant fait face à des défis importants. C’est pourquoi il peut sembler que l’enfant qui semble être le « mouton noir » de la famille soit en réalité le plus apprécié.
Les préférences parentales ont un impact significatif sur la qualité des soins que les parents reçoivent à mesure qu’ils vieillissent. Les mères âgées, en particulier, bénéficient d’une meilleure santé lorsque leur enfant préféré s’occupe d’elles. Cela augmente la probabilité que la mère vive avec cet enfant en cas d’urgence médicale, ce qui contribue à sa santé mentale et à un rétablissement plus rapide.
